Kermytt

Oh Lune, beauté surfaite.

 

Oh Lune, astre éphémère, écarte-toi,

Renonce au règne que l’on t’a prêté,

Comprend l’erreur d’un poète démusé,

Qui te fit l’égale du cercle des rois.


Toi, astre maudit, changeant ! Asservie

A la Terre te louant éblouie.

Redonne l’éclat nacré de ta sœur. Celle

Belle et lointaine, douce mais éternelle.


Cesse de te proclamer supérieure,

Car en cette terre d’où tout se meurt,

Existe cette étoile sans peur, ni tache.


Elle, restant humble face au soleil,

Elle, qui surpasse or comme vermeil,

Elle qu’au Réel, cruel, rien ne rattache.

 By Petit Frenchy

 

Le gout des lèvres

 

 

Qu’y avait-il dans ce baiser ?

Ce baiser particulier,

Capable, feu, de m’embraser,

Là où mon corps grelottait.


N’y avait-il de la passion ?

Peut-être, un peu de damnation ?

De la douleur ? Ou du regret ?

Etreinte innocente d’aimés ?


Me souviendrai-je des rêves charnels,

De ceux-là mêmes où l’âme se mêle,

Qui rendent les souvenirs éternels ?


Etait-ce alors l’espoir d’être ton roi,

Ou plus encor, la joie d’être avec toi ?

Il y avait sans doute de tout cela.

By Petit Frenchy

Dessin d'enfant

 

 

Qu’y avait-il dans ce dessin ?

Du bleu ? Du vert ? De l’or ?

N’y avait-il ce doux parfum 

De l’enfant qui joue dehors ?


Il y avait ces grains de sables,

Tombés du crayon écrasé,

Par trop de force sur la table

Par trop de joie espérée.


Il y avait deux formes,

Dessins d’enfant, êtres difformes,

Qu’a reconnaître l’on peinait,

Qui souriaient.


Il gît aujourd’hui,

Aux côtés d’œufs pourris.

Oh cruelle réalité,

Pourquoi es-tu éternité ?

 By Petit Frenchy

 

 

Point d'interrogation

 

Deux yeux énigmatiques,

Me fixent tyranniques,

Il me faut répondre, trouver,

Quand toute volonté s’est liquéfiée.


Le temps passe lentement,

Et règne l’énigme du moment,

Tout semble suspendu,

Dans cette âme de douleur perclus.


Et ces yeux, si bleus, me fixent,

Et je tremble de ne comprendre,

De provoquer la fatale rixe,

Qui nous ferai de cendre.


Je reste aveugle et dans ce noir,

Je ressasse encore ton dernier son

Se clôturant, terrible, par

La pire des ponctuations.

By Petit Frenchy

 

Dégustation de vie

 

Lorsque l’on compte les ans, les âges,

Le présent peu à peu disparaît,

Et l’on acquiesce au vieil adage

Énonçant un passé plus parfait.


Combien de temps perdra-t’on 

A compter heures et saisons ?

A les laisser filer, vides,

Tandis qu’apparaisse nos rides.


Prenez-les à pleine dents !

Goûtez-les, croquez dedans !

Quel intérêt de voir le fruit,

Si on l’attend trop murît ?


Les nombres viendront bien, plus tard,

Telle la mort, jamais en retard.

Au dernier souffle ils seront là,

Quelque soit votre galop ou pas.


Mais au lieu d’énumérer,

Toutes ces années délaissées,

Voyez plutôt à décompter

Quelques secondes enchantées.

 By Petit Frenchy

 

Veille à la Belle

 

Tu dors, je veille,

Et doucement le silence se crée,

Je garde ton sommeil,

Tes rêves de Princesse, de chevaliers.


La chandelle tremblotante t’éclairant,

Semble nous éteindre à chaque instant,

Tandis que les ombres assaillent ton esprit,

Que les sombres dragons te terrifient.


Il ne faut pas bouger,

Un simple geste la moucherait,

Il me suffit d’observer,

Tes yeux sur un monde fermé.


Que se passe-t’il maintenant

Dans le monde imaginaire ?


Sont-ce contrée de fer ?

De chair et de sang ?

Sont-ce chausson de vair ?

De château construit d’argent ?


La lumière dans la chambre vacille,

Un souffle de vent s’est échappé,

A présent de voilà éveillé,

Et dans le noir, deux saphirs scintillent.

By Petit Frenchy

 

Paradoxe reconnu...

 

Plus fort que mort, sans volonté,

Plein de puissance, de ricochets.


Adorez-le, qu’il vous consume,

Vous vous sentirez libre léger,

Mais vous tomberez, tel toute plume.


Haïssez-le qu’il vous détruise,

Et le rat prendra repas, de vous ronger,

Jusqu’à ce mur où le vent se brise.


Il vous brûle et vous glace,

Il vous touche et ne vous lâche.

Espérez lui échapper est futile,

Rêvez le comprendre est inutile.


Il faut le fuir dès l’enfance moment,

Et croire qu’on ne vous dénoncera pas,

Ni l’amie, ni l’Autre, ni le Temps.

Mais qui peut vivre sans qu’il ne soit là ?

By Petit Frenchy

Poétophilie

 

Etre amoureuse d’un sonnet,

Le rêve d’une jeune écervelée,

Qui par six vers et deux quatrains,

Se crut décrites et dépeint.


Rendre amoureuse d’un sonnet,

L’espoir  d‘un pauvre fou,

Se servant de sa plume pour parler,

Du sujet si sacré, et tabou.


La poésie à cela de mystère,

De dire ce que l’on dit devoir taire,

Par son obscur magie d’écriture.


Le mystère à cela de poétique,

De rendre soûl sans un hic,

De voir consumé ce qui perdure.

 By Petit Frenchy

 

L'hérésie de la paix

 

Le calme, quelle dérision,

Et certains le nomme bonheur !

Certains, adultes et gens d’ambition,

Qui ne sachant vivre en meurs.

 

 

Mais qu’est-ce que le calme ?

N’est-ce la pire des sentences ?

Pire que la torture des sens,

L’emprisonnement de l’âme ?


La vie se fait de tempête,

De bataille, de victoire, de défaites.

C’est ainsi que l’on rencontre les fées,

C’est ainsi que l’amour se fait.


La vieillesse ne touche que les gens jeunes,

C’est là le drame de ceux qui comptent,

Ils ne vivent ni dorment, ni déjeunent,

Et rêvent, sots, de leur temps, un acompte.

 

By Petit Frenchy

 

 

Néant

 

 

Néant,

Il n’y a plus rien

Il y avait un navire navigant,

Des rêves de foyer, de chat, de chiens.

Il y avait des espoirs, des envies,

Des joies, des baisers, la sécurité,

Une étoile à lumière infinie,

Une brise pleine de sérénité.

 

Il y avait ce marin qui voguait,

Et qui croyait à l’horizon,

Aux contes qu’enfant on lui racontait,

Sans pleurs, sans mort, sans prison.

 

Et la mer doucement s’est agitée,

Et le rêveur tranquillement rêvait.

La vague s’élève, grandit, s’étend

Casse le calme brusquement

Le vent s’est levé,

Les nuages l’on masquée,

Néant.

By Petit Frenchy

 

Faiblesse d'une princesse

 

Toute princesse qui se délaisse,

Oblige au rêveur quelque souplesse.

Les longs cheveux blonds dorés d’été et d’étoiles ?

Changés foncés, rembrunis.

La sveltesse d’élégance, qui rend soie toute toile ?

Coupées, modifiées, ternie.


Les yeux clairs et limpides, sont devenus mélancolies,

Et le silence, du timbre gracieux, s’est saisit.

Mais le rêveur est là pour rêver,

Et son rêve n’a de fin qu’éveillé.


Celui dont on parle, est particulier,

La dernière fois qu’il a aimée,

Il a oublié de fermer,

Ses yeux.

Ne sachant où il était, il rêvera désormais,

Pour deux.


Une princesse garde noblesse,

Malgré ruine et faiblesse.

Ainsi n’y avait-il qu’une petite chose,

Qu’un enfant à sublimer.
Les rêves se réalisent ou se brisent,

La graine est devenue rose,

L’enfant compris les contes de fées,

Sur le monde souffla une douce brise.

By Petit Frenchy

 

Corps et âmes

Elle court, part, virevolte,

Lui dort.

Ils sont associés de telle sorte,

Qu’elle meurt.

Appartenant définitivement à ce corps,

Elle rêve,

Connaissant les lois du temps et heure,

Il reste de bois, et de sève.

 

Et elle brise les règles, dépasse les limites,

Et lui n’entend les projets qu’elle lui récite.

Il est lent, si lent, perdant de tant en temps…

Il n’y a là d’argent, seule une question de vie,

Une soif d’événements présents et constants,

Qu’elle rêve de vivre avec lui.


Elle va si vite, si loin…

Il n’y comprend plus rien,

Dire qu’avant, tout allait s’accouplant,

Avant, lorsqu’il savait être enfant…

Mais maintenant c’est fini,

Ce véloce mystère reste incompris.

Alors elle, se confie vers son amie,

Qui sans un mot décèle, décrit.

Alors il s’instruit, traduit,

Et s’excuse de si peu de folie.

« Je suis chair, mon âme,

Je ne puis suivre tes pensées,

Mais si je mens que l’on me damne,

J’ai essayé. »

  By Petit Frenchy

 

L'amour est le plus grand des paradoxes

L’amour est le plus grand des paradoxes,

Il nous élève au-dessus de tout,

Nous rends misérables, seul et soûl.

Faisant croire à l’altruisme et au partage,

Il nous enferme dans une vie d’habitués.

Il laisse désirer sa présence éternelle,

Consume nos cœurs, les flétris avant l’âge.

Et l’on brûle du désir de pouvoir s’envoler

Et la brise souffle et brise nos ailes.

 

A celui-là qui ne possède de rime,

Non plus de maître qui le sublime,

Lui faire confiance semble folie,

Mais qui s’occupe de se que la raison dit ?

Faites votre choix, voyez votre voie,

Suivez-le ou marchez droit,

Tentez de vivre de bel éphémère,

Restez confiant au calme de Déméter,

Mais prenez garde à n’être morte ni amer,

Elles se confondent si vite, ces vies d’étoile ou d’éther.
 
 

 By Petit Frenchy

 

 

Séparatisme

Un jour, quelque part, un homme a fait un rêve,

Où chacun comprenait que l’on possède une même sève.

Il s’est battu, s’est défendu, on l’a crut,

Et le racisme, fut très vite défendu.

 

Les temps changent, les mœurs restent,

Et les points de vue raciaux empestent :

L’autre n’est plus moindre,

Il est différent, quoiqu’il puisse oindre.

Sur le papier gît, inscrit, la tolérance,

Mais l’esprit récrit, ternis, « intolérance ».

 

Devant l’autre se dresse des barrières,

Pas de celles des grèves ouvrières,

De celles que l’on détruit à coup d’ordre et de matraques,

Non. C’est celles des esprits dont on parle,

Celles plus hautes que les murailles et les châteaux de sables.

 

Ce sont celles des vieux, et de tous ceux qui les crois,

Eux qui n’auront jamais de problème avec la loi.

Ils ne font rien, n’osent rien, ne disent rien. C’est pire,

Ils pensent. Et leur pensée s’étend dans le plus grand des empires :

 

Le noir est gentil, le jaune est secret, le rouge est sauvage,

Le Blanc ? Pas de question, lui, on le connaît, il est normal.

Ne soyez pas étonné, c’est un vieil adage,

Ce qui est blanc est pur, il n’y a là rien d’anormal.

 

Bon courage à tous ceux qui ne sont pas d’accord,

Je ne parle pas de chance, elle ne suffit pas.

Avant que l’on vous croie, il  y aura des morts,

Car les idées se cachent là où ne s’attends pas.

 

Encore un conseil, regardez l’apparence,

Il faut s’y fier, elle est sérieuse,

Au moins, elle, se base sur la science,

Pas comme l’égalité, si trompeuse.


Excusez les fausses notes, cette musique est faite sur le même trait, la même impulsion, le même sentiment.

 

 By Petit Frenchy

Partager l'instant présent

Que ne partageons-nous ce triste instant?

Être avec toi et arrêter le temps...

Je recherchais une rose assez sombre,

Mais aveuglé je n'ai devant moi que ton ombre,

Assombris l'écla de ton regard étoilé,

Car il ne reste de moi, ni vie, ni été.

Partout tu me tiens, en chaque lieu tu me vois,

Ce fil de mes pensées s'est fait rêve en émoi.

Je cherche le moyen de me soustraire à toi,

Mais tandis que résonne l'écho de ta voix,

Je me perd dans l'immensité de tes yeux,

Dans cette couleur qui les rendent si précieux,

Ciel, mer, océan azuré,

Sont-ils tiens ces amours bleutés?

 

 By Petit Frenchy